Prochains numéros

Année 2018, III


N° 144 RECONNAÎTRE LES DOMMAGES LIÉS À LA SOUFFRANCE PSYCHIQUE

Complet. Parution le 15 novembre


L'expert psychiatre ou psychologue est un auxiliaire de justice qui doit présenter ses conclusions et observations selon des principes juridiques. Un parallèle est intéressant à faire avec la situation des médecins qui travaillent au sein des MDPH et sont amenés à analyser une situation de handicap, selon les modalités définies par la loi sur le handicap de 2005 (loi Chirac). Ces situations correspondent à de nouveaux champs d'intervention qui dépassent les catégories psychiatriques traditionnelles. Comment s'organisent ces champs d'intervention ? À quels dilemmes et/ou impasses sont confrontés ces médecins, auxiliaires d'un système d'assistance sociale ? Ce numéro de Topique proposera donc  un questionnement sur l'argumentation psychopathologique de l'expert qui renvoie la cause du dommage non pas à l'accident mais à la victime et son fonctionnement personnel antérieur à l’accident. Un médecin psychiatre en expertise travaille sur du déclaratif, ce qui implique une marge d'erreur, de flou considérable. Comment est « travaillé » ce déclaratif ? Comment des énoncés sont-ils transformés en « vérité » ou en énoncés recevables et d'autres non ? Par ailleurs, le déclenchement de la conversion hystérique renvoie à la question de la potentialité psychique et de la vulnérabilité. Jusqu'où peut aller un clinicien dans sa compréhension d'une potentialité psychique ? Quelle est sa pertinence dans une prédiction ou une explication après-coup, destinée dans le champ judiciaire ?

 

Sophie de Mijolla-Mellor



Année 2019, I


N° 145 L’ART ET LE POUVOIR

Date limite de réception des textes 15 novembre 2018, parution 15 mars 2019


Le Pouvoir, émergent ou constitué, peut détruire l’Art lorsqu’il s’écarte de l’idéologie dominante. Les exemples ne manquent pas depuis les livres jetés au bucher dans l’Allemagne nazie, aux Bouddhas fracassés en Afghanistan, à Palmyre saccagée … La destruction fanatique porte en elle la rage amère et envieuse qui décrète comme diabolique ce qu’elle ne peut dominer mais, même brisée, l’œuvre d’art demeure et renaît de ses éclats.
Ces destructions, s’argumentant entre autres de la condamnation des joies impures, montrent cependant que l’art et la culture peuvent être jugés suffisamment dangereux et insupportables pour qu’il faille les détruire.
Cet hommage involontaire rendu à la puissance des plaisirs sublimés pose la question de l’équilibre des forces en présence lorsque la haine fanatique s’oppose à l’émotion esthétique ou au pouvoir de la pensée.
Combat renouvelé et interminable qui repose la question freudienne au sujet des chances pour que le développement culturel de l’espèce humaine réussisse à lui permettre de maîtriser la perturbation apportée à la vie en commun par l’humaine pulsion d’agression et d’auto-anéantissement. Interrogation que Freud en 1930 considérait comme décisive pour le destin de l’humanité.
Au-delà de la question de la violence destructrice de l’œuvre d’art qui constitue l’acmé d’une crise, on s’est aussi interrogé en amont dans ce numéro de Topique sur les relations entre l’Art et le Pouvoir.
Si l’art a en soi un pouvoir par l’émotion qu’engendre le Beau, il est tentant pour le Pouvoir en place de l’utiliser au profit de l’idéologie qu’il promeut. C’est pourquoi le même Pouvoir qui peut détruire certaines œuvres d’art ou empêcher leur production peut aussi enrégimenter l’art à son profit, l’inciter à exprimer un idéal précis comme par exemple la sculpture et l’architecture, parfois la peinture, chargées de démontrer la puissance du peuple et celle de l’État. En démocratie, c’est le mécénat qui va imposer des choix artistiques par le soutien apporté à tel artiste plutôt qu’à tel autre.
Mais à l’inverse l’art peut aussi être « engagé » dans la lutte contre le pouvoir et rencontrer le politique par le biais des convictions personnelles de l’artiste qui vient ainsi apporter la force intrinsèque de son œuvre en soutenant des idées, un combat. Les chants patriotiques, les poèmes de la Résistance, vont mettre l’émotion esthétique au service d’un choix politique. Cette place complexe et parfois ambiguë de l’Art à l’égard du Pouvoir nous incite donc à réinterroger sur d’autres bases la question freudienne de la place salvatrice de la culture.

 
Sophie de Mijolla-Mellor




Année 2019, II


N° 145 DE LA LETTRE D’AMOUR AU TEXTO

Date limite de réception des textes 15 février 2019, parution 15 juin 2019  

 

Lettres d’amour, reçues, cachées, perdues, retrouvées après des années... Comment les médias électroniques influencent-ils aujourd'hui ces échanges qui deviennent instantanés, parfois simultanés et en tous les cas sans trace durable ? Est-ce que la forme est en train de modifier le sens transformant du même coup le sentiment ? À partir de la psychanalyse, on envisagera comment l'amour s’exprime dans les textos, les médias sociaux et s'ils remplacent les lettres d’amour.

 

Sophie de Mijolla-Mellor



Année 2019, III


N° 146 LA RÉINSERTION PROFESSIONNELLE COMME VISÉE DE LA SANTÉ MENTALE : PANACÉE D’UNE UTOPIE MANAGÉRIALE ?

Date limite de réception des textes 15 juin 2019, parution 15 novembre 2019

 

Notre époque se caractérise par la généralisation des logiques managériales à tous les domaines de l’activité humaine. Jugée trop passive et inefficace, la logique protectrice et indemnisatrice de l’État-providence évolue en direction de politiques d’activation et de responsabilisation. Ces dernières visent, à l’instar des entreprises, à faire de l’individu l’entrepreneur de sa vie, le gestionnaire de sa réinsertion socio-professionnelle comme de sa trajectoire de soins et de son rétablissement.

Cette figure identitaire idéale se trouve au fondement de la définition de la santé prônée par l’O.M.S. et inspire les réformes politiques en matière de Santé mentale entreprises par les pays Européens. En prônant la réinsertion professionnelle comme finalité des interventions de ce secteur, on vise préférentiellement le niveau comportemental – en vue d’acquérir de nouvelles compétences – au détriment d’autres approches thérapeutiques basées sur la parole.

Dans le contexte socio-économique actuel (mondialisation, productivité, chômage, burn-out, …), le travail peut-il véritablement constituer la voie royale vers la santé mentale ? En reprenant à leur compte l’idéal de l’entrepreneur, les nouvelles politiques de soins en santé mentale peuvent-elles favoriser la (re)mobilisation subjective à l’égard du « travail » (ordinaire et psychique) de façon à relancer la quête identificatoire, à dépasser les entraves de la psychopathologie ou du conflit identificatoire ? Les politiques d’activation constituent-elles un terreau émancipatoire ou bien ébranlent-elles le socle identitaire de l’individu ?

 

Sophie de Mijolla-Mellor